Formation confort d'usage : entretien avec les intervenants !

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A l'occasion de la formation sur "Le confort d'usage : comment prendre en compte et valoriser l'utilisateur dans l'accompagnement de projets ?" qui se tiendra les 18 et 19 septembre dans nos locaux, nous avons posé quelques questions à Jean-Luc Reinero et Dorian Litvine, les deux intervenants.

 

EnvirobatBDM : La prise en compte de l'usager dans les projets de bâtiment est-elle quelque chose de nouveau ? En quoi s'inscrit elle dans une perspective de développement durable ?

Jean-Luc Reinero : Non, l’usager est décrit dans les cahiers programmatiques, mais souvent d’un point de vue prescrit et normatif : besoin d’espace, de lien, de localisation…

La prise en compte du développement durable est liée à l’adaptabilité du bâtiment pour permettre aux usagers de ne pas subir l’adaptation, et on parle d’usage au sens réel de l’activité. La prise en compte de l’usage doit se faire dans une approche fonctionnelle qui tient compte de la variabilité des acteurs, des moments d’usage, de leur fréquence... C’est là que les méthodes issues de l’ergonomie entrent en jeu.

 

Dorian Litvine : Pour ce qui est de l’Assistance à la maîtrise d’usage (AMU), les métiers de la participation ne datent pas d’hier. Ainsi, l’AMU trouve son inspiration dans diverses approches, métiers et disciplines qui prennent déjà en compte dans leurs pratiques l’usager et ses usages : les métiers du coaching et de l’accompagnement au changement, les architectes/programmistes, l'éducation populaire, etc.

Mais l'intérêt principal de l’AMU est qu’elle permet d’innover ou intensifier certains aspects pour contribuer ainsi à concilier durablement confort, sobriété et qualité de réalisation. 

 

EVBDM : Pourquoi fait-on de plus en plus appel à l’ergonomie dans les projets de construction ou de rénovation ?

JL Reinero : L’appel à un ergonome donne la garantie d’avoir les repères fonctionnels au plus près de l’utilisation future, de l’espace, du bâtiment, de son environnement.

De plus on se rend compte aujourd’hui que la conception touche aux aspects ressources humaines dans le sens de perception du bien-être et confort. Et par l’approche psychosociologique, l’ergonome permet aux concepteurs d’appréhender l’imagerie mentale du futur utilisateur.

Tout au long de la conception l’ergonome valide grâce à des tests et des confrontations l’adéquation des solutions par rapport aux préconisations construites à l’analyse de l’activité préalable.

 

EVBDM : Qu'est ce que l'AMU ? Que peut-on en attendre pour améliorer les bâtiments et leur usage ?

D Litvine : L'AMU représente un domaine d'activités professionnelles visant à intégrer les besoins/aspirations des usagers et à les associer aux décisions du cadre de vie, des phases stratégie à exploitation. 

Les éléments structurants de l'AMU sont la recherche d’une appropriation forte des lieux de vie par les usagers, leur participation à toutes les étapes du processus constructif et le souhait de renforcer les liens et compétences croisées entre les diverses parties prenantes de l’usage. 

Les apports sont multiples en termes de coûts évités, de montée en qualité du projet et des dynamiques sociales vertueuses favorisées. On constate notamment : 

  • Une plus forte adéquation du projet aux attentes et idées des usagers (pas seulement en phase programmation), 
  • L’émergence de "bons usages" qui sont acceptés et qui exploitent le potentiel du bâtiment,
  • Une meilleure acceptabilité des aménagements et des réglages de référence (T°, éclairage, etc.),
  • Une meilleure maitrise des consommations de fluides (augmentation des performances et baisse des factures),
  • Une plus forte perception de confort et de qualité,
  • Une appropriation du lieu de vie et émergence d’un sentiment d'appartenance des habitants et usagers,
  • La réduction potentielle des conflits et des incivilités, 
  • La levée de certaines réserves par apports de donnés comportementales et augmentation de la satisfaction,
  • La co-construction d'espaces innovants et adaptatifs,
  • L’évolution des pratiques professionnelles des métiers de la construction.

L'AMU contribue aussi à une vision en coût global, et mais il faut préciser qu’elle génère des externalités positives parfois encore difficiles à chiffrer.

Il reste encore quelques places, inscrivez-vous vite !

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